
Gagnant gagnant est une expression galvaudée utilisée par beaucoup d’hommes politique qui transforme le dialogue entre les différents peuples du monde en marchandage commercial.
A Parakou une ville du nord du Bénin Thérèse Gbodogbe est propriétaire de la boulangerie St Antoine de Padoue. Elle accueille le formateur français James Forest dans son atelier posé au bord d’une route encombrée de camions qui transitent vers le Niger. Boulanger–botaniste James est chargé d’animer un atelier expérimental de fabrication de pain à base de farines locales de mil, maïs, sorgho. La méfiance et la stupeur des participants collègues ou concurrents de Thérèse cède vite la place à l’enthousiasme à la vue des pains sortis du four faits à base de mil et sans levure chimique. L’exploration se poursuit dans les campagnes environnantes qui révèlent un système économique agricole efficace, pourtant si souvent dénigré par le regard des occidentaux. Plusieurs milliers de kilomètres plus loin Ibrahima Coulibally, malien membre du ROPPA, syndicat paysan, intervient lors d’une séance du parlement européen à Bruxelles pour défendre la souveraineté alimentaire de son pays. L’Union Européenne voudrait avec les ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE (APE) pousser les états africains à supprimer leurs barrières douanières. A travers les parcours personnels de Thérèse Gbodogbe et du boulanger Aubin Adockounou, apparaît un autre visage de l’Afrique sub -saharienne. Loin d’un portrait misérabiliste, cette approche du secteur de l’agriculture au Bénin déconstruit les préjugés européens sur le concept de pays sous-développés, et critique l’aide au développement qui masque mal un néo-colonialisme toujours fort. Cette mise en perspective des valeurs et des modèles culturels européens et africains, nous éclaire sur les défis agricoles et environnementaux majeurs auxquels nous devons faire face.